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Table des matières

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veille janvier 2007

1 Le journalisme façon YouTube (Courrier International du 20/12/2006)

"Voilà l’effet YouTube", annonce le Los Angeles Times. "C’est un phénomène grâce auquel des clips vidéo, souvent nés d’une initiative individuelle, sont rapidement disséminés à travers le monde sur des sites web comme YouTube et Google Video", explique le quotidien américain. "YouTube a 34 millions de visiteurs par mois, et 65 000 nouvelles vidéos sont diffusées tous les jours. La plupart sont futiles, produites par et pour les adolescents qui constituent la majorité du public du site. Mais certaines sont sérieuses comme les vidéos envoyées par des terroristes, des groupes de défense des droits de l’homme ou des soldats américains en Irak. Certains clips peuvent avoir des conséquences politiques ou constituent des témoignages précieux de phénomènes comme le réchauffement climatique, l’immigration illégale et la corruption."

"Il y a quinze ans, le monde était émerveillé par ’l’effet CNN’. On pensait que les yeux toujours ouverts des caméras de télévision aboutiraient à une prise de conscience mondiale", rappelle le quotidien américain. "Ces attentes ont été, dans une certaine mesure, exaucées. Depuis le début des années 1990, des fraudes électorales ont été révélées, des soulèvements démocratiques favorisés, des famines stoppées et des guerres ont été lancées ou arrêtées grâce à l’effet CNN. Mais l’effet YouTube sera encore plus puissant. Même si les chaînes internationales emploient des milliers de journalistes professionnels, ils ne seront jamais aussi omniprésents que les millions de gens armés d’un téléphone portable avec caméra intégrée. Grâce à l’omniprésence de la vidéo, le monde a pu être témoin de l’exécution de réfugiés tibétains par des soldats chinois dans les hauteurs des montagnes du Tibet", rapporte le journal. Il se réfère à une vidéo prise par des alpinistes en expédition dans l’Himalaya qui avait provoqué des réactions internationales après avoir été envoyée sur YouTube.

"Le phénomène est accentué par un double écho : quand un contenu d’abord envoyé sur le web est ensuite rediffusé sur les chaînes de télévision, et lorsque les images de télévision - jusqu’à maintenant éphémères - deviennent disponibles en permanence sur la Toile", explique le LA Times.

Cela dit, "YouTube est une bénédiction mitigée : il est maintenant plus difficile de savoir ce que l’on peut croire. Comment pouvons-nous savoir que ce que nous voyons dans une vidéo envoyée par un ’citoyen-journaliste’ n’est pas un montage ? Mais la bonne nouvelle est que l’effet YouTube est déjà en train de créer une forte demande pour des guides fiables qui peuvent distinguer le vrai du faux. Les millions de blogueurs qui sont constamment en train de vérifier les faits et de corriger les erreurs prouvent qu’il existe une ’sagesse des foules’."

2 L’information mise à disposition des managers est inutile (Bloc notes de Bertrand Duperrin- 09/01/2007)

C’est ce que nous dit une étude Accenture (via Toby Ward). Pire encore : il est plus facile de trouver des informations valables sur ses concurrents que sur sa propre entreprise, voire son propre service. Voilà qui est probablement source d’une efficacité accrue. Une situation totalement ubuesque mais qui n’est que le strict reflet de la réalité. L’étude a été menée aux Etats-Unis et en Grande Bretagne mais je ne doute pas qu’on arrive à des résultats sensiblement similaires dans nos notre belle contrée. Passé ce premier constat volontairement grinçant, regardons de plus près le contenu de l’étude en question...et livrons nous à quelques commentaires.

Les managers passent 2 heures par jour à chercher de l’information. Et dans 50% l’information trouvée n’a aucune valeur pour eux.

Ils sont surs que l’information pertinente existe dans l’entreprise mais n’arrivent tout simplement pas à la trouver. C’est la conséquence de grandes faiblesses dans la distribution de l’information. Pire encore 42% des personnes interrogées reconnaissent utiliser une information erronée au moins une fois par semaine.

A mon avis le problème de l’information erronée est surtout une question de mise à jour due à un délai de latence entre son entrée dans l’entreprise et sa validation. Si une information doit rentrer, remonter en étant validée à chaque échelon avant d’être diffusée et redescendre, il faut (en terme de “temps d’entreprise”) une éternité entre un changement impactant, sa prise en compte et le fait que chacun soit informé. Une information n’est pas stockée et statique, elle vit au rythme du monde qui entoure l’entreprise. Au fait on se demande pourquoi même les organigrammes ne sont pas à jour ?

Ce qui pose également la question du circuit de validation de l’information : faut il que tout soit validé en amont quitte à laisser des informations de mauvaise qualité en ligne ou permettre une diffusion spontanée par le détenteur de l’information ?

Non seulement ils doivent multiplier les sources d’informations pour se renseigner sur des sujets comme les clients, les concurrents mais également les projets, process et informations interne à l’entreprise, mais de plus les autres services rechignent à leur délivrer l’information nécessaire.

Une cause identifiée : l’information n’est pas stockée au bon endroit. Elle se trouve sur des postes individuels ou des boites mail. Seulement 16% utilisent les espaces collaboratifs mis à disposition par leur entreprise.

Si tout le monde ressent le problème de la même manière, on note des divergences selon les services

• SI et Rh : la difficulté vient qu’il y a trop d’information • Les managers SI sont ceux qui pensent le plus qu’il leur est difficile de trouver une information pertinente. Ils passent 30% de leur temps à chercher de l’information • 51% des responsables en charge des clients n’arrivent pas à obtenir d’information de la part du reste de l’entreprise • Seuls 11% des managers dans les services “comptabilité finance” pensent que l’entreprise a suffisamment investi dans les bonnes technologies pour leur permettre de trouver la bonne information. • Les responsables ventes et marketing sont les moins nombreux à utiliser les TIC pour communiquer (19% pour l’IM, 19% pour les PDAs).

En conclusion on nous dit que la multiplication des sources d’information est une cause majeure de la difficulté de l’administrer. Il est notamment évident que l’entreprise ne dispose pas de process permettant la suppression de données qui ne sont plus à jour, de même que leur marquage lorsqu’on estime qu’une information peut être utile à d’autres parties de l’organisation.

Ce qui me marque le plus dans cette étude est qu’on se focalise sur la recherche d’information. C’est un point d’une grande importance, soit, mais à trop se fixer sur cet aspect on oublie quelque chose : la publication et la diffusion. Car rien ne sert de chercher une information qui n’a pas été publiée. Beaucoup de problèmes liées à la recherche ne sont que la conséquence de problèmes liés à la publication : difficulté de publier aisément, information mal partagée, chaine de validation (et donc de mise à jour) trop longue...

Et puis cela amène à se poser une autre question : qu’est ce qu’une “bonne” information ?

3 Bilan 2006, tendances 2007 (Internet Actu du 04/01/2007)

La Technology Review publie une bonne synthèse des avancées les plus significatives de l’année 2006, en mettant en valeur notamment celles qui concernent l’image et la vidéo. L’article souligne l’avancée des logiciels de reconnaissance faciale dont le lancement officiel de Riya cette année est resté l’emblème public (car ces logiciels sont déjà très utilisés dans la vidéosurveillance). Il décrit aussi les avancées en matière de balisage automatique de vidéos à l’université d’Etat de Pennsylvanie et à l’université de Leeds. Les premières applications concrètes nous parviennent déjà dans ce qu’Eric Dupin appelle le Deep Tagging (”balisage profond”), qui permettent de chapitrer facilement une séquence audio ou vidéo. La Technology Review insiste également sur les progrès réalisés dans le domaine des projecteurs pour téléphones mobiles, sur l’étiquettage géographique, l’innovation constante des outils de création et de partage de contenus sur l’internet, les progrès des mémoires flash et la fin des microprocesseurs en silicium. Information Week pointe du doigt 5 autres technologies perturbatrices à surveiller pour 2007 (Rfid, les services web, les serveurs virtuels, le traitement graphique avancés et la sécurité mobile).

Une autre façon de dresser un bilan est peut-être d’évoquer les meilleures applications web 2.0 de l’année 2006, où celles dont on ne peut se passer comme dirait Michael Arrington de Techcrunch. Ou de mettre l’accent sur certains des projets les plus attendus de 2007 comme bien sûr Venice-Project ou Search Wikia, le projet de moteur de recherche annoncé par Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, qui s’appuie sur l’intelligence humaine pour “faire ce que les algorithmes ne peuvent pas faire”.

Mais la façon la plus répandue en cette saison de faire un bilan de 2006, c’est de faire des prédictions pour 2007. Je serais assez d’accord avec Frédéric Cavazza pour croire que l’année 2007 sera celle des services mobiles : extension aux mobiles des services du “web 2.0_, comme la décrit Rudy De Waele et du développement d’applications internet spécifiquement destinées à des usages mobiles. Dans son appréciation des tendances, InfoWorld est plus classique (compétition accrue, démocratisation de l’e-mail mobile, développement des outils de recherche et de géolocalisation...) et souligne que, pour décoller vraiment, le web mobile aura tout de même besoin de se poser la question de son modèle économique.

Pour le fondateur de SocialText Ross Mayfield, cette année devrait voir apparaître des applications web utilisables en mode déconnecté. L’idée consiste, par exemple, à emporter sur son ordinateur des pages wiki, à les modifier en déplacement même si l’on n’est pas connecté, et à les publier plus tard.

Autre prévision intéressante assénée par Didier Durand ou Fred Wilson, l’un des indicateurs d’audience du web les plus importants - la “page vue” - perd de son sens avec le développement du langage Ajax, grâce à laquelle un site web entier peut se résumer en une seule “page”, qui “appelle” des contenus différents. Reste qu’il n’existe pas encore d’indicateurs de substitution. Frédéric Cavazza prolonge la réflexion d’ailleurs (avec neuf autres prédictions que je vous encourage à lire) en souhaitant une réelle transformation des métiers et outils d’analyse d’audience.

En 2007, 99 % des courriels échangés seront des spams. Et toujours aucune solution à l’horizon.

Les prédictions rituelles de la nouvelle année sont nombreuses... L’excellent A Thousand tomorrows en a récapitulé plusieurs : le top 10 des innovations marketing pour 2007 (dont notamment la publicité générée par les utilisateurs), les 10 concepts technologiques à connaître pour 2007 (du béton flexible au réseau corporel), les 30 tendances NTIC pour l’entreprise en 2007 (voir la présentation)... Fortune propose 10 grandes idées pour monter son entreprise en 2007 (allant des roses géantes aux tatouages effaçables en passant par les machines permettant d’imprimer des livres à la demande). Le designer Kenneth Hirst propose les tendances pour la conception de produit en 2007... L’équipe de Read/Write web propose même tellement de prédictions qu’elle demande à ses lecteurs de les classer.

Autre grande question : le boom des blogs va-t-il se tasser, comme l’a annoncé le cabinet Gartner dans sa longue série de prédictions pour 2007 ? Pour autant la progression reste plutôt soutenue et constante, si l’on regarde par exemple les chiffres des Skyblogs (2 millions en mars 2005, 4 millions en mars 2006, 6 millions en novembre 2006). Sans compter que le déclin était déjà annoncé pour l’année dernière... En tout cas, si la bataille des chiffres arrive un jour à produire des résultats fiables, nous pourrons peut-être voir si le blogging va se répandre jusqu’à disparaître ou s’il va rester une activité ponctuelle et spécifique.

Pour Steve O’Hear de ZDNet, les utilisateurs devraient bientôt être fatigué des réseaux sociaux, s’ils ne s’ouvrent pas ou s’ils n’embrassent pas une plus grande interopérabilité. A moins que ce ne soit tout le contraire ? Les profils sont les trésors de guerre des réseaux sociaux et il est pas sûr que les réseaux souhaitent les standardiser. Au contraire. D’ailleurs, les utilisateurs s’en accommodent. Comme l’explique Didier Durand à la suite de Business 2.0, qui constate que les usagers de LinkedIn sont toujours plus nombreux et que, malgré les contraintes, les professionnels les utilisent toujours plus avant. Pour les plus jeunes, danah boyd montre même que la tendance est aux profils de plus en plus éphémères : “Les adolescents ne recherchent par le gadget universel, cela ressemblerait trop à un fardeau dans un monde où perdre la trace des choses est la norme”. Reste que si la qualité des profils se volatilise, les éditeurs de réseaux sociaux seront peut-être appelé à réagir ?

Pour Newsweek, 2007 sera l’année des widgets et de la personnalisation. Programmable Web s’interroge d’ailleurs sur l’impact de cette tendance en posant 5 questions sur les Mashups pour 2007, dont notamment de savoir si les widgets vont avoir un impact sur le développement des services “composites”.

Quant à la monétisation des activités en ligne, l’année n’a pas tenue ses promesses. Pourtant, comme le dit très bien l’humoriste Vinvin (vidéo), l’auteur du truculent Bonjour America, les choses pourraient bien changer en 2007. Citons par exemple l’annonce de la plate-forme vidéo DailyMotion qui entend reverser une partie des revenus publicitaires aux ayants droits. En tout cas, cette question demeure l’une des clefs de l’avenir du web : il s’agit de dépasser le “métayage” dont parlait récemment Nicolas Carr en évoquant le modèle économique du web 2.0, pour permettre à chacun de profiter des fruits de son labeur.

Pour ma part, j’espère que 2007 va nous permettre de dépasser les limites de l’agrégation. A l’heure où l’innovation réside plutôt dans la démultiplication des services et applications web, on espère que cette année 2007 va vraiment être une année d’innovation radicale. Avec par exemple l’apparition de nouveaux agrégateurs dans lesquels se glisserait un peu d’intelligence, comme l’appelle de ses voeux Eric Baillargeon... Des outils qui ne reposent pas uniquement sur l’agrégation, mais qui donnent aussi leur pleine puissance à la dissémination. Des outils capables de mieux mettre en valeur les signaux faibles, de mieux faire le tri de nos données toujours plus nombreuses (comme les commentaires, qui sont souvent souvent en panne dès qu’on dépasse certaines audiences)... On est encore très loin d’un hypothétique “Web 3_ mais on est juste en train de commencer à mieux voir les limites des outils du web 2.0.

2007 devrait permettre de les dépasser, c’est en soit une bonne nouvelle. Bonne année à tous !

4 Presse écrite : avancer dans la tempête du numérique (Média Café du 01/01/2007)

Qu’elle soit mensuelle, hebdomadaire ou quotidienne, la presse écrite payante traverse la tempête très agitée du numérique. La télé et la radio ne sont pas épargnées. Loin de là. 2006 a été l’année d’une prise de conscience généralisée : le business model des médias est profondément remis en cause. La presse écrite a besoin de changer. Plus ou moins vite selon les cas et les lieux. Comment ? C’est la question que se pose tout le monde. Pas de solution miracle. Le début de l’année est une bonne occasion d’essayer de remettre rapidement à plat certains éléments.

Quelles sont les tendances de fond et de base ?

1- La presse payante évolue vers le business model des gratuits. En ligne, elle n’arrive pas à vendre son contenu aux lecteurs, en revanche elle attire de nouveaux revenus publicitaires. Ca ne veut pas dire que tous les journaux payants seront gratuits un jour. Ca veut dire que la part du revenu générée par la publicité dans le chiffre d’affaires de la presse payante est en progression constante, au contraire du revenu généré par les ventes aux lecteurs. Ce, en tout cas dans les pays occidentaux.

2- Le multimédia s’impose aux entreprises de presse. Le multisupport va remplacer peu à peu l’unisupport. Les nouvelles technologies, liées à ces multisupports, envahissent les entreprises et changent — ou vont changer — les façons de travailler. Tant au niveau des organisations que des individus.

3- Avec le numérique, les rédactions découvrent leurs consommateurs. Ils discutent, ils approuvent, ils contestent, ils créent leur propre média... La conversation est en route. Elle est entrain de changer profondément la façon de faire du journalisme... mais pas ses principes. Au contraire, elle les renforce en donnant la possibilité de demander des comptes aux médias. Des comptes immédiats.

4- Avec le numérique, le monde de la publicité (agences, commerciaux, clients...) s’installe définitivement dans la logique du retour sur investissement. Les nouvelles technologies offrent les outils les plus puissants et les plus performants aux annonceurs, aux agences et aux médias.

5- La part du marché publicitaire de la presse écrite est en recul dans l’ensemble des pays occidentaux. Dans une grande majorité, et toujours dans ces pays, le lectorat est aussi en recul régulier depuis plusieurs années. La tendande s’accélère depuis deux ans aux USA. Mais, la très large majorité du revenu d’une entreprise de presse écrite vient des revenus des supports papiers. Le web est loin, très loin, de pouvoir couvrir les dépenses des entreprises de presse existantes même si l’audience est en croissance permanente (sauf pour ceux qui sont passés au tout payant).

Est-ce que ces tendances vont changer ?

Impossible de prévoir le futur. Je ne m’y aventurerai donc pas. Mais, on peut dire que rien n’indique un revirement de ces tendances dans les prochaines années. Tout indique plutôt un renforcement.

Quelles pistes pour avancer ?

Sur ce blog, et sur bien d’autres, nous discutons sans arrêt des éventuelles pistes à emprunter, à expérimenter. Pas de solution miracle à l’horizon. Mais quelques grandes lignes semblent se dégager.

1- La presse doit expérimenter. Pas d’autres choix. C’est le lot de toutes les industries. Elle a besoin d’explorer de nouveaux horizons. Pour cela elle doit investir dans la recherche et le développement, ainsi que dans de la méthode de développement business. La presse manque cruellement de méthode business et de managers expérimentés dans ce domaine. Si elle n’a pas les moyens d’investir, elle doit procéder en réduisant ses coûts de fonctionnement. Économiser d’un côté, pour investir de l’autre. Ils nous semblent réaliste — et sans danger pour le support papier — de proposer un transfert des efforts financiers d’environ 5% par an sur un petit département R & D.

2- Le CPM sur le net est beaucoup plus bas que celui du print. Rien ne pousse donc le "monde publicitaire" à s’investir sur le net. C’est pourtant là, où il faut porter l’effort. Le business model pub devenant de plus en plus dominant dans les médias. C’est le premier challenge à relever pour les groupes de presse : motiver et former ses équipes de vente au numérique. Le prix de la pub sur le net est anormalement bas. Mieux comprendre les avantages et les forces du net/numérique, les outils multimédia et les promouvoir auprès des clients vont permettre aux équipes de vente de faire remonter les CPM du net. Même si, on n’approchera sans doute jamais des CPM du papier. Mais aussi d’attirer tout une série de nouveaux annonceurs jusque là absents des médias pour des raisons de coût. Google nous le prouve chaque jour.

3- Il faut aussi porter l’effort sur la formation des équipes aux outils multimédia (la vidéo est une priorité) et à la logique multi-support. La formation est plus que jamais une des clés du succès vers une entreprise média multiplateforme. Formation pour faire un meilleur journalisme, pour être plus prêt des lecteurs/consommateurs... et pour réduire les coûts de production.

4- Attirer les compétences techniques indispensables à la transformation des entreprises de presse. Les médias représentent "un terrain de jeux" fabuleux pour les développeurs et ingénieurs de tout poil.

Encore une fois, bonne année à tous ! Pleines d’expériences, d’enseignements et, espérons, de business fructueux.

5 Paul Champsaur : ’’La France est très en avance pour l’Internet’’ (Le Figaro du 03/01/2007)

Le président de l’Arcep s’exprime sur tous les grands dossiers : la quatrième licence de téléphone mobile, la convergence, Internet, la fibre optique.

LE FIGARO. - En tant que président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), quel bilan tirez-vous de dix ans de régulation des télécommunications ?

Paul CHAMPSAUR. - L’ouverture à la concurrence du secteur est une réussite en Europe et particulièrement en France. Elle a contribué à dynamiser le secteur au bénéfice du consommateur, favorisé l’innovation et l’investissement dans les infrastructures. Ce résultat positif est dû aux caractéristiques intrinsèques du secteur des communications électroniques, où l’innovation technologique est permanente, au cadre européen bien conçu et bien transposé, au dynamisme et au pragmatisme des acteurs nationaux, à commencer par France Télécom et enfin à une régulation efficace menée par l’Arcep et le gouvernement. J’ajoute que l’action récente des collectivités territoriales devient un élément déterminant de cette dynamique.

Le téléphone mobile de troisième génération est un échec. Pourquoi un nouveau candidat souhaiterait-il acquérir la quatrième licence restée libre en France ?

Le décollage de la troisième génération (3 G) est plus lent que prévu, mais ce n’est pas un échec : la 3 G comptera plus de 4 millions d’abonnés en France à la fin de l’année. Et l’appétence de nos concitoyens pour le multimédia mobile est avérée. Le déploiement de la 3 G + (HSDPA), qui offrira des débits comparables à ceux d’une ligne ADSL d’entrée de gamme, devrait être un accélérateur. La 3 G devrait permettre aux abonnés de faire sur leur mobile tout ce qu’ils font sur leur PC connecté à Internet. Mais cette extension des usages du fixe au mobile n’a pas encore eu lieu massivement. Il y a encore beaucoup de nouveaux services à inventer, il faut faire preuve de créativité. Aujourd’hui, la technologie est au point, le prix des équipements a baissé : un nouveau candidat peut parfaitement être intéressé.

Le nouvel opérateur paiera-t-il 619 millions comme Orange, SFR et Bouygues ?

La question financière est du ressort du ministre. Mais équité ne veut pas dire égalité stricte. Le quatrième opérateur mobile entrera avec un handicap. Juridiquement, le gouvernement a une certaine latitude, par exemple en étalant le paiement de la redevance initiale, comme le demandent des candidats potentiels. Je note que la Commission européenne vient de juger légale la baisse du prix de la troisième licence tchèque attribuée à Vodafone en 2005 et qui était contestée par les titulaires des deux premières licences délivrées en 2001.

Les fréquences, indispensables aux chaînes de télévision et aux télécoms, sont rares. Bruxelles voudrait les mettre aux enchères. Est-ce souhaitable ?

Les opérateurs de télécoms, qui paient leurs fréquences, contrairement à l’audiovisuel, en ont toujours eu une gestion parcimo- nieuse. Il est certain que la gestion rigide du spectre, héritée du passé, n’est pas le meilleur moyen d’encourager l’innovation ; les technologies sans fil sont par ailleurs devenues un élément moteur de l’économie. Pour autant, la Commission européenne met le curseur trop loin. Une banalisation complète de la gestion du spectre civil, notamment par la généralisation des enchères, représente un saut dans l’inconnu. Un dividende numérique harmonisé en Europe serait déjà un pas dans la bonne direction qui ne remettrait pas en question le dispositif actuel, même si personnellement, en tant qu’économiste, je suis favorable à une gestion plus économique du spectre.

La convergence entre les télécommunications et l’audiovisuel doit-elle conduire à un rapprochement entre l’Arcep et le CSA, le régulateur de l’audiovisuel ?

Ces deux autorités ont des missions très différentes. Le CSA est un régulateur du contenu, protecteur des libertés publiques et du lien social. L’Arcep est un régulateur économique et concurrentiel des réseaux. Comment mieux gérer et valoriser le spectre pour le bénéfice de l’économie française, voilà la vraie question de fond. Les changements institutionnels au niveau national et communautaire seront naturellement la conséquence des réponses apportées. Je me réjouis que ce débat de fond soit aujourd’hui sur la place publique, notamment au travers de rapports récents, comme celui sur l’économie de l’immatériel et le rapport de la délégation à l’Aménagement et au Développement durable du territoire de l’Assemblée nationale, présidée par M. Émile Blessig.

La France, en pointe sur l’Internet haut débit, gardera-t-elle son avance dans le futur avec l’arrivée de la fibre optique ?

La France, qui partait avec de lourds handicaps, a rattrapé les États-Unis en matière d’Internet haut débit. Dynamisée par des sociétés comme Free, qui a inventé le concept de « box » internet, Neuf et France Télécom, la France est aujourd’hui très en avance sur l’ADSL, au point d’être étudiée comme modèle dans les business schools américaines ! Au final, la pénétration d’Internet haut débit est meilleure dans notre pays que chez nos voisins. Les prix pour le consommateur y sont plus bas. Mais bientôt, au lieu d’être connecté par un fil de cuivre, les abonnés le seront en fibre optique. C’est sans nul doute la technologie du futur, mais les usages et la demande sont incertains.

Quel en sera le coût ?

La reconstruction d’une boucle locale en fibre est un chantier énorme : plusieurs dizaines de milliards d’investissement et plus de dix ans de travaux. Il faut rouvrir les trottoirs et poser des câbles dans les immeubles. Il nous paraît indispensable de mutualiser au maximum les investissements en privilégiant le partage du génie civil et le câblage dans les immeubles. La puissance publique et les collectivités territoriales ont un rôle fondamental à jouer pour créer un cadre favorable au déploiement du très haut débit, dans un contexte de saine concurrence.

6 Place de l’info nationale et internationale dans la presse locale en résumé (MédiaCafé du 20/12/06)

Pour ce qui n’ont pas le courage de lire mon précédent post, voici les grandes lignes sur l’approche que nous proposons pour l’info nationale et internationale. C’est, bien entendu, à prendre comme un début de piste. On peut essayer d’affiner si vous le souhaitez. Et, bien entendu, de continuer l’échange et essayer de comprendre nos points de désaccord.

1- Réduction du volume de l’information nationale et internationale car difficile d’en faire un avantage produit. Sans doute pas plus d’une à deux pages, selon le format du journal, les forces en présence et les particularités de la zone de diffusion. La réduction sera proportionnelle à la capacité des équipes à donner de la plus-value (voir point 2). Service miminum : les dépêches d’agence AFP.

2- Pour les équipes avec moyens (temps et savoir-faire) : papier explicatif avec mise en contexte de l’information, mise en perspective, explication des notions clés... Bref, du décryptage. On accompagne d’un autre papier "proximité" : "du global au local". La hiérarchie entre les deux papiers se fait du potentiel "proximité" du sujet.

3- Réduction de la place de l’info nationale et internationale en Une. Une info de ce type est le sujet leader de la Une qu’à la condition d’un événement majeur pour la cible (les + de 50 ans). Probablement pas plus de 5 par an. Non ?

4- Avec le temps et les efforts sauvés, si petits qu’ils soient, on renforce les papiers "watch dog" en local et/ou on expérimente sur le web.

Qu’est-ce que vous en dites ? Jouable ? Souhaitable ? À côté de la plaque ? On précise ? On revoit ?

7 Les médias confrontés à une nouvelle demande en matière d’information (lemonde.fr du 11/01/2007)

Face à l’arrivée du numérique, c’est une véritable révolution que vivent aujourd’hui les médias. Tel est le constat dressé par les participants au colloque "Médias, pouvoir, société : les défis de l’information en 2015" organisé au Sénat, mardi 9 janvier, par l’association des journalistes économiques et financiers (AJEF) à l’occasion de son 50e anniversaire.

L’information coûte cher, tous les acteurs en conviennent, ce qui impose de nouveaux modèles économiques à construire, d’autant que la concurrence est de plus en plus forte, avec l’arrivée de nouvelles chaînes de télévision, et surtout d’Internet et de sa centaine de millions de blogs.

Frédéric Filloux, directeur de la rédaction de 20 Minutes, a donné en exemple son journal pour montrer que ce modèle économique peut être viable. 20 Minutes, qui compte 2,2 millions de lecteurs, réalise environ 40 millions d’euros de chiffre d’affaires et dégage de faibles pertes.

" Face à cette hyper-offre, peu de chaînes sont à même de fournir de l’information", a constaté Etienne Mougeotte, vice-PDG de TF1. Bruno Patino, président du Monde interactif et de Télérama, estime lui aussi que le lecteur est confronté à une profusion. "Avant la révolution numérique, nous étions dans une société où l’information était rare", estime-t-il, évoquant une "confusion entre l’information, le commentaire et l’opinion, tandis qu’auparavant l’écrit imprimé était intangible."

"Tous les groupes de médias vont devenir pluri-médias", a affirmé Alain Weill, président de Next Radio TV, qui regroupe les radios RMC Info et BFM ainsi que BFM TV. Le groupe va créer dans les mois qui viennent "une agence de presse interne" pour permettre aux articles, reportages télé et radio d’être présents sur les différents supports. Next Radio TV envisage également de mettre certains de ces éléments "à la disposition de médias extérieurs au groupe".

Loïc Le Meur, directeur général pour l’Europe de la plate-forme de blogs Six Apart, estime quant à lui qu’Internet et les blogs créent "une concurrence sur l’audience", qui va "toucher la télévision". Cette perspective n’inquiète pas M. Mougeotte. "La stratégie d’une grande chaîne généraliste" comme TF1 dans les années qui viennent sera de s’appuyer "sur l’information, le sport, et tout ce qui relève de l’événement, l’inédit, l’exclusif", a-t-il insisté. Alain Weill s’est dit lui aussi "optimiste" pour la télévision, notamment grâce à sa diffusion à venir sur les téléphones mobiles.

Ces bouleversements entraînent aussi des changements profonds pour les annonceurs publicitaires. "Ils ont besoin de rentabiliser leurs investissements de façon beaucoup plus rapide", a souligné Maurice Lévy, président du directoire de Publicis. Le temps où les médias réclamaient une part du marché publicitaire correspondant à leur part d’audience est révolu, estime-t-il. "Nous assisterons dans une dizaine d’années à la banalisation des moyens de communication, on parlera d’écrans et non plus de télévision ou de Net. Les liens entre les différents médias seront tels que la dimension interactive sera déterminante pour l’annonceur", estime M. Lévy. Dans un marché publicitaire qui devrait croître de moins de 5 % en 2007, Internet va progresser de 28 %, tandis que la télévision baissera légèrement et que les autres médias connaîtront des baisses plus fortes, prédit M. Lévy.

Mais au-delà, c’est aussi le métier de journaliste qui doit évoluer, ont estimé les participants.

8 Reports show future looks strong for media (USAToday, du 12/01/2007)

MEMPHIS - Newspaper and TV executives might not expect encouraging financial news from a major gathering of industry critics. But a collection of studies being released here Friday at the National Conference for Media Reform contends that economic prospects are strong for newspapers and TV stations - despite more competition from new media.

Their forecasts run counter to a widely held view that digital media and the Internet have dramatically altered the economic landscape for traditional media.

Companies that have run into trouble, including Knight Ridder and Tribune (TRB), "mangled the transition to the digital age," says Mark Cooper, research director for the Consumer Federation of America. "It’s management, not the business."

His group, as well as Consumers Union and Free Press, prepared their relatively upbeat studies ahead of the Federal Communications Commission’s Tuesday deadline for public comment in its pending review of media-ownership rules.

Newspaper and broadcast companies and trade groups say that the changes in the media business merit relaxation of the rules, including latitude to own more TV and radio stations in a market and to own other media, including newspapers, in the market.

The consumer groups, however, argue that Internet blogs and community sites, and even local cable news channels, still are not much competition for newspapers and broadcasters. People still prefer to get local news from familiar institutions and reporters, they say.

The groups also say research contradicts the notion that young people’s media habits have changed : Several studies show that 18- to 29-year-olds spend less time than other adults reading or watching news, but data from the Pew Research Center for the People & the Press show news interest grows as they mature.

Meanwhile, traditional media still generate large cash flow, though private investors seem to appreciate this more than do the public markets.

This month, a private equity firm agreed to pay $575 million - 14 times the average two-year cash flow - for nine TV stations owned by The New York Times Co. (NYT) McClatchy (MNI) got an average of 11 to 12 times cash flow for newspapers it bought from Knight Ridder and sold.

Advocates for traditional media companies "want to say that the world has changed since 2003," Cooper says. "We say, maybe a little, but not a lot."

Others who will address media scholars and activists this weekend include journalist Bill Moyers, activist Jesse Jackson, FCC Democrats Michael Copps and Jonathan Adelstein, Sen. Bernie Sanders, I-Vt., and actors Jane Fonda, Geena Davis and Danny Glover.

9 Le journal "La Provence" se renouvelle dans un environnement plus concurrentiel (lemonde.fr, 10/01/2007)

Mardi 9 janvier, 16 h 30, dans le bureau du directeur de la rédaction de La Provence, Gilles Dauxerre. Les chefs de service sont un peu anxieux, car ils lancent aujourd’hui la nouvelle formule du quotidien né en 1997 de la fusion du Provençal et du Méridional.

Chacun annonce les sujets forts et les titres de sa séquence, le responsable des régions décline ceux des dix éditions locales. Un coup de téléphone à la locale de Marseille, installée au centre ville - quand le siège est dans les quartiers nord -, donne le contenu des douze pages du cahier marseillais. Le choix du titre de "une" est aujourd’hui facile, ce sera : "Sarkozy en tête en Provence". Cette manchette du premier cahier consacré à l’actualité et incluant le sport s’appuie sur un sondage exclusif réalisé dans toute la région PACA avec Nice-Matin et France 3.

Le deuxième cahier, titré La Provence 2, est consacré à la vie quotidienne, aux loisirs et aux petites annonces. Sa "une" du jour est consacrée à un entretien croisé entre Clovis Cornillac et Yvan Attal, héros du film d’Eric Barbier Le Serpent.

Stéphane Duhamel, PDG du journal, qui passe du grand format au format berlinois, explique pourquoi il fallait renouveler La Provence : "Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, nous avons connu en 2006 un tassement des ventes de l’ordre de 2 %, même si notre rentabilité reste la meilleure de la presse quotidienne régionale payante. Il nous faut donc réagir, comme nous l’avons déjà fait en lançant un gratuit, Marseille Plus, et un "city magazine", Marseille l’Hebdo. Aujourd’hui, nous investissons 31 millions d’euros, dont l’essentiel est allé à l’achat de nouvelles rotatives. Car nous pensons que cette presse régionale payante, si elle respecte ses fondamentaux, a un vrai avenir devant elle."

Quant au patron de la rédaction, Gilles Dauxerre, il définit ainsi les fondamentaux de ce journal "relooké" avec l’aide de l’agence Rampazzo & Associés : "Nous sommes le journal des proximités : proximité géographique, ce qui se traduit par les dix éditions quotidiennes de nos trois départements d’implantation, les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et les Alpes-de-Haute-Provence ; proximité temporelle ; et proximité sociétale. Ce qui signifie que nous traitons dans l’immédiateté des sujets qui intéressent nos lecteurs, ceux dont ils parlent tous les jours."

En même temps qu’il lance sa nouvelle formule papier, le journal relance son site Internet, désormais animé par six personnes, dont quatre journalistes.

10 Les SNS, la nouvelle tendance du web d’entreprise (AFP du 31/12/06)

A mi-chemin entre vie professionnelle et vie privée, les réseaux communautaires “SNS“ explosent dans les entreprises japonaises, un phénomène qui renouvelle la communication interne.

Géantes et éclatées géographiquement, beaucoup d’entreprises nippones cherchent à renouer avec l’idée de "grande famille" qui les caractérisait autrefois en encourageant l’usage de blogs et de réseaux communautaires dits “SNS“ (Social Network Service), outil de communication et d’entraide pour leurs salariés, autrement dénommés “intra-blogs“.

"A l’origine, c’était le fait de jeunes pousses de l’internet. Mais désormais les grands groupes de l’informatique, des télécommunications ou de la finance ont adopté cet outil", explique Atsuko Tomaru, de l’Institut de recherches Nomura (NRI).

Des filiales du géant des télécommunications NTT ou de l’équipementier informatique Fujitsu ont ainsi mis en place des plateformes de services communautaires, permettant à leurs collaborateurs de tenir un blog ou un site thématique interactif dans le système informatique de la société.

Seuls les salariés de l’entreprise concernée, voire seulement une partie d’entre eux, ont accès à ces "intra-blogs" ou "intra-SNS".

"Suivant notre philosophie d’entreprise, nous avons comme priorité de briser le cloisonnement et de favoriser les relations humaines. C’est pour cela que nous avons mis en place un intra-SNS", affirme un message de la direction de NTT Data, une filiale de NTT.

"Nous avons trois objectifs : offrir aux salariés un espace leur permettant de s’exprimer librement ou d’échanger des informations, favoriser la communication entre personnes partageant les mêmes opinions ou loisirs, au-delà de leur rôle et niveau dans l’entreprise, et construire des liens entres personnes du groupe distantes géographiquement", ajoute l’argumentaire.

Quelques mois après son lancement, la plate-forme "intra-SNS" de NTT Data recense 554 sites. Plus de la moitié des 8 500 salariés sont inscrits à ce système, dont 1 600 sont des utilisateurs vraiment actifs.

"Nous allons continuer d’enrichir la plateforme pour augmenter le nombre de contributeurs", promet NTT Data.

Selon Mme Tomaru, "l’intérêt de ces SNS, c’est qu’ils ne se limitent pas aux seules questions professionnelles. Les intranautes y parlent de leurs loisirs, de leurs familles", ce qu’ils font rarement pendant les discussions réelles entre collègues. Cela les "humanise" aux yeux de leurs voisins de bureau, affirme la consultante.

"Un jour je me suis connecté à l’intranet de mon entreprise, et j’ai vu qu’il existait une plateforme SNS. Je m’y suis immédiatement inscrit. Je pensais n’y trouver que des thèmes ayant trait au travail. Eh bien, je m’étais trompé : les articles n’avaient rien à voir avec le boulot", témoigne sur son blog un salarié.

Ces sites sont aussi des lieux d’entraide, permettant par exemple à des mères de famille de donner des conseils à leurs semblables pour concilier famille et travail.

Toutefois, plusieurs utilisateurs relèvent que même dans un espace virtuel privé, il est difficile et risqué de se placer sur un plan d’égalité avec un supérieur hiérarchique.

En outre, les entreprises doivent impérativement édicter des règles de bonne conduite et mettre en place des outils de sécurité pour éviter des usages abusifs de cet outil à double tranchant, délation, ragots, fuite d’informations confidentielles, etc., insiste un autre consultant de NRI.

11 Apple réinvente le téléphone portable (Courrier International du 12/01/2007)

Après le succès phénoménal de l’iPod, le célèbre fabricant d’ordinateurs californien poursuit sa mutation en un acteur majeur de l’électronique grand public avec son iPhone, un téléphone qui combine un accès à Internet et un baladeur. Une nouveauté qui bouscule un marché orienté vers la convergence des appareils mobiles. Les inconditionnels d’Apple et de son populaire iPod ont de quoi être enchantés. "Lors du MacWorld Expo de San Francisco, Steve Jobs a présenté le résultat du dernier coup de baguette magique de sa fée. Il a réalisé les souhaits de millions d’adeptes et colporteurs de rumeurs en transformant le téléphone portable ordinaire en iPhone." Présent à la grand-messe annuelle d’Apple, le 9 janvier, le New York Times a assisté à la prestation spectaculaire du gourou de la firme à la pomme, Steve Jobs, qui a dévoilé sa dernière nouveauté.

D’après la présentation de Jobs, "l’iPhone combine trois produits en un : un téléphone, un iPod avec un écran large et un outil digital d’accès à Internet sans fil. C’est ce qui peut expliquer son coût : entre 499 et 599 dollars pour une capacité de stockage de 4 à 8 gigas", note le NY Times. Il faudra néanmoins attendre jusqu’au mois de juin pour pouvoir l’acheter aux Etats-Unis, et jusqu’à la fin de l’année en Europe.

Apple veut faire de l’iPhone un véritable tournant stratégique. "En dévoilant son appareil, sujet de rumeurs et de spéculations pendant des années, Apple a officiellement changé son propre nom et a abandonné le terme ’Computer’ qui figurait dans la raison sociale depuis la création du fabricant d’ordinateurs, en 1976. Au même moment, Apple réincarné a pris d’assaut de nouveaux marchés, transformant du jour au lendemain les grands constructeurs de téléphones portables - Nokia, Motorola, Research in Motion et Samsung - en rivaux", estime Business Week. Dans son analyse, l’hebdomadaire économique américain ébauche la vision du "futur d’Apple".

Jobs a également présenté une autre nouveauté, l’Apple TV, une console permettant de transférer musique, photos et films de l’ordinateur au téléviseur de salon. "Ces deux nouveaux produits marquent le grand virage accompli par l’entreprise au cours des dernières années, des ordinateurs à l’électronique grand public, alors qu’elle envisage de devenir un acteur de premier plan de l’avenir numérique", note le San Francisco Chronicle. Mais l’iPhone semble la nouveauté la plus prometteuse.

"Bien que l’annonce de la sortie de l’iPhone par Apple était très attendue, elle a eu un un effet immédiat à Wall Street", souligne le Los Angeles Times. D’après un analyste cité par le journal, "quand Jobs parla d’autres produits à la MacWorld Conférence, l’action de la société était en train de chuter. Mais dès qu’il a présenté l’iPhone, le cours a explosé, gagnant 8,3 % pour atteindre 92,57 dollars." En revanche, les fabricants d’ordinateurs de poche ont accusé le coup. "L’action de Research in Motion, créateur du BlackBerry, a perdu 7,85 %, et Treo, créateur du Palm, a chuté de 5,7 %", précise le LA Times. En outre, deux autres entreprises qui ciblent le marché des jeunes adeptes des nouvelles technologies, Helio et Amp’d Mobile, pourraient être touchées.

Inversement, les partenaires d’Apple peuvent espérer tirer parti de l’iPhone. Cingular Wireless, le plus grand opérateur de téléphonie mobile américain, sera le distributeur exclusif de l’appareil. Par ailleurs, le géant taïwanais Hon Hai, numéro un mondial de l’électronique avec des clients comme Apple, Hewlett-Packard et Nokia, "enregistrera une explosion de ses revenus si l’iPhone conquiert les consommateurs", note Business Week. C’est une "nouvelle victoire" pour le patron de Hon Hai, le milliardaire Terry Gou, dont la compagnie assemblera l’iPhone.

Steve Jobs "compte vendre 10 millions d’appareils l’an prochain, ce qui représente 1 % du milliard de téléphones portables vendu chaque année à travers le monde", rapporte le SF Chronicle. Mais "avant d’être mis en vente, l’iPhone doit encore fanchir quelques obstacles. Il doit être approuvé par la Federation Communications Commission (FCC), qui vérifie tous les téléphones sans fil vendus aux Etats-Unis. Apple doit aussi trouver un règlement au conflit qui l’oppose à Cisco Systems. Ce groupe a introduit le mois dernier une série de téléphones via Internet appelé iPhone, une marque dont il est propriétaire." Dans un communiqué, Cisco indique avoir déposé plainte devant un tribunal californien "pour empêcher Apple de violer et de copier délibérément" sa marque déposée.

12 Homo Numericus : Le chaînon fuyant... (La Tendance de l’Ujjef)

La convergence numérique totale sur un seul support entre téléphone fixe, télévision, internet et mobile sonne comme le nouveau fantasme des équipementiers et opérateurs télécoms. Encouragés par les journalistes et les publicitaires, ils ont qualifié avec empressement son consommateur d’“Homo Numericus”...Pourtant, un tel nouvel homme, “mobilo-connecté“, érigé au rang d’idéal n’existe pas... ou que très peu. Car ce nouveau concept d’hominidé qui évolue dans un “écosystème” très codé est avant tout un résistant. Qui prend un malin plaisir à rebrousser le poil des tendances et à muer au fil des âges... Monique Dagnaud, directrice de recherche au CNRS, auteur des “Artisans de l’imaginaire” (Armand Colin), dresse le portrait fuyant de cet homme...

Comment définissez-vous l’Homo Numericus ?

Monique Dagnaud : L’homme numérique est avant tout un concept très souvent utilisé par les médias. C’est une image flatteuse d’un individu qui évolue dans un monde numérique porté par un idéal démocratique et un esprit libertaire. Il est à mi-chemin entre l’homme moderne, rationnel à la recherche de compréhension et l’homme hypermoderne, pulsionnel, à la recherche de nouveautés et d’émotions fugitives.

Quels sont ses moyens d’expressions et de communication ?

L’Homo Numericus est à la fois un consommateur et un producteur d’information. La description d’un homme individualiste est erronée. Comme tout individu, il est intrinsèquement social. Son mode de communication est lié à internet. Il s’exprime sur les forums, donne son opinion sur les blogs, utilise les chats et échange des fichiers-textes et images via le net...

Est-ce que cela sonne le glas des modes de communication et des médias traditionnels ?

Non ! Dans les années 90, l’apparition des chaînes de télévision thématiques devait faire disparaître les médias de masse. Dix ans après, seulement un tiers des individus est abonné à ce type de service et consacre seulement 35 % de son temps à ces médias de niche. La télévision “classique” reste encore le média le plus plébiscité par les Français. La preuve : le nombre d’heures passées devant la petite lucarne ne cesse d’augmenter depuis dix ans et les fictions du réseau hertzien n’ont jamais été autant regardées par les téléspectateurs français. Même si l’Homo Numericus est un consommateur doté d’une sociabilité numérique, il reste néanmoins accroché aux médias traditionnels et à sa sociabilité de proximité. Les statistiques du Centre national du cinéma (CNC) et du Syndicat national de l’édition (SNE) illustrent elles aussi cette résistance à la culture en réseau, avec une progression de 12,5% des entrées en salle sur les sept premiers mois de 2006 et un bond de près de 11% des ventes de livres de poche en 2005. Il n’existe donc en aucune manière d’incompatibilité entre ces deux environnements.

Que recherche alors cet individu dans l’univers numérique ?

Le propre de l’univers numérique est une promesse d’invitation multiple. Il offre la possibilité à l’homme numérique d’être lui-même et de mieux se connaître à travers un cheminement exploratif. Il construit ses choix, compare, accède à une multitude d’informations sur le même thème. Ce n’est pas un être passif. Au contraire. Il s’informe, créé, invente pour toujours plus d’aventures et de plaisir.

Une recherche de plaisir qui doit susciter l’intérêt des hérauts du marketing !?

C’est effectivement une cible marketing et publicitaire très attractive et lucrative. Mais, il est important de souligner que l’individu contemporain n’est pas dupe de ces multiples sollicitations. La logique marchande est aussi bien présente dans les médias traditionnels que sur internet. La seule différence réside dans la mise à disposition d’une quasi-infinité de produits à disposition de l’Homo Numericus. La fin n’existe pas dans cet univers, le forfait est illimité...

Les jeunes ont-ils une prédisposition à devenir des hommes numériques ?

La moitié des Français surfe sur internet. Et donc pas seulement les 15-25 ans. En revanche, il est évident que certaines pratiques dépendent de l’âge et qu’il existe une génération “Internet”. Les jeunes sont une population qui est loin d’être monolithique. Certains sont “omnivores” et d’autres sont “univores”. Les premiers alimentent leur appétit de découverte aussi bien dans les produits classiques et populaires comme la télévision et les radios commerciales que dans des sites Internet d’informations généralistes ou culturelles, plus élitistes. Les seconds évoluent plus dans le champ unique du divertissement. Entre ces deux dimensions, les possibilités ne manquent pas pour satisfaire l’ensemble de cette population. L’âge est donc un paramètre important dans le comportement de l’homme numérique. Il n’est pas certain que ces mêmes personnes, devenues adultes, aient le même rapport à cet environnement.

13 Quand les quotidiens s’aventurent dans la blogosphère (Courrier International du 04/01/2007)

Un nombre croissant de journaux lancent des blogs dans le but avoué de séduire un nouveau lectorat. Mais l’adaptation à cette forme d’expression n’est pas évidente. Le San Antonio Express News propose un blog sur le bowling. Le News Tribune de Tacoma, dans l’Etat de Washington, en a un sur la pêche à la mouche. Un blog sur les animaux domestiques attire les internautes sur le site du Commercial Appeal de Memphis, tandis que plusieurs quotidiens proposent des blogs sur l’art d’être parent. Le quatrième pouvoir s’est découvert une véritable passion pour le blog, qu’il s’agisse de disserter sur l’actualité sportive, l’immobilier, la criminalité, l’ouragan Katrina, l’immigration ou la politique nationale et locale. La plupart de ces blogs sont rédigés par des membres de la rédaction, le plus souvent par des journalistes sportifs ou des chroniqueurs. Dans les quotidiens des grandes villes, certains reporters ont fait du blogging une activité à part entière et n’écrivent pratiquement plus pour la version papier. D’autres journaux mobilisent des services entiers dans l’écriture à plusieurs mains de chroniques en ligne. Au Dallas Morning News, par exemple, un blog fournit aux lecteurs une fenêtre sur les coulisses de la rédaction, leur permettant de découvrir comment les sujets sont discutés, soutenus et finalement retenus. L’engouement est si puissant que certaines salles de rédaction n’hésitent pas à faire appel à des blogueurs célèbres - pigistes ou invités -, lorsqu’elles ne sollicitent pas directement les lecteurs pour qu’ils leur proposent de nouveaux blogs. Le Ventura County Star, en Californie, héberge un blog écrit par un militaire de la ville, rentré d’Irak depuis peu. Quant au Houston Chronicle, il demande à ses aspirants blogueurs d’envoyer un courrier électronique au journal pour décrire ce qu’ils souhaitent communiquer au reste du monde.

Avalanche de commentaires pour les meilleurs blogs

Les blogs sont censés être drôles et libres, composés de messages brefs rédigés sur un ton enlevé et informel. Ils traitent de sujets à la fois sérieux et ésotériques tout en invitant au dialogue. Les meilleurs blogs de la presse écrite génèrent une avalanche de commentaires émis par des lecteurs captivés, sont signalés par des liens sur d’autres blogs et, dans l’idéal, attirent de nouveaux visiteurs sur le site du journal. Mais cette ferveur actuelle de la presse à l’égard des blogs alimente un vif débat qui s’étend à l’ensemble de la profession et qui porte sur tous les aspects du journalisme, depuis les sources d’information jusqu’à la rédaction, en passant par la déontologie et la responsabilité. Le conflit semble inévitable, en effet, entre le journal qui a un nom et une réputation à défendre et un média qui évolue rapidement et qui a gagné en puissance et en prestige précisément parce qu’il a passé outre à un certain nombre de règles du journalisme traditionnel. Certaines rédactions réagissent promptement mais avec prudence, consultant leurs avocats, élaborant des directives et réactualisant leur code de conduite afin d’englober le domaine inédit du blogging. D’autres mettent les bouchées doubles, convaincus que le train du blog a quitté la gare depuis longtemps et que, mis à part quelques erreurs au démarrage, il finira bien par trouver sa vitesse de croisière.

“Le blog, sous sa forme actuelle, est très différent du reportage traditionnel”, affirme Jane Kirtley, professeur de déontologie et de droit des médias à l’université du Minnesota, précisant que les reporters, formés à l’objectivité, ont souvent du mal à trouver le ton juste. “Les blogs ne sont pas supposés être objectifs. Ils doivent se faire l’écho d’opinions bien arrêtées, se montrer railleurs et ne pas mâcher leurs mots - on est loin de l’attitude habituelle adoptée par les principaux médias. Le blog est un genre très différent. Il n’est pas juste pour un organe de presse d’inviter quelqu’un à bloguer tout en lui demandant de ne pas exprimer ses véritables opinions”, ajoute-t-elle. Le style spontané et rapide du blog ajoute un degré de complexité supplémentaire aux défis que soulève le journalisme en ligne. “Il existe une tension inhérente entre la valeur accordée à la vitesse dans le monde de l’Internet et l’obligation du journaliste de mener un travail précis et approfondi”, estime Kelly McBride, à la tête du bureau chargé de réfléchir aux questions de déontologie au Poynter Institute. De nombreuses rédactions s’efforcent d’instaurer des principes appliqués au blog ou, du moins, un certain nombre de pratiques à respecter. Récemment, le San Francisco Chronicle a nommé un rédacteur en chef chargé des blogs afin, entre autres, “d’écrire et d’éditer le contenu des blogs et de s’assurer que ce contenu est conforme aux exigences du Chronicle”, comme le stipulait l’offre d’emploi.

En juillet 2003, après s’être convaincu que le blog n’était pas seulement amusant mais pouvait aussi attirer des lecteurs et représenter l’avenir, le Dallas Morning News a lancé le premier blog du comité de rédaction du pays (dallasmorningviews.beloblog.com).

Les blogueurs trop prudents n’ont rien compris

Un mois plus tôt, Keven Ann Willey, responsable des éditoriaux du quotidien, avait présenté dix raisons pour lesquelles la rédaction se devait d’adopter une telle mesure. “Elle répond aux principaux objectifs du journal visant à augmenter notre lectorat et à renforcer notre image au sein de la communauté. Tenir un blog, c’est fournir une fenêtre sur les opinions du comité de rédaction sur certaines questions. La possibilité qu’auront les lecteurs de regarder par cette fenêtre renforcera l’attrait du Dallas Morning News auprès de son lectorat le plus fidèle, tout en transformant les lecteurs occasionnels en lecteurs assidus.” Selon Mme Willey, si les lecteurs apprécient le blog du comité de rédaction, c’est avant tout parce qu’il démythifie son fonctionnement, en le rendant plus transparent et plus accessible. “Fixez dès le départ le thème du blog. Le fait de connaître son objectif aidera à en définir les principes. Ne cherchez pas à être novateur pour le seul plaisir d’innover. Et il peut être utile de disposer d’un certain nombre de principes écrits, sans qu’ils soient pour autant trop formalistes ni trop contraignants”, explique-t-elle à ceux qui voudraient se lancer dans l’aventure.

Selon Robert Cox, président de la Media Bloggers Association, l’attrait des blogs réside dans leur promptitude à s’aventurer sur des terrains que la presse hésite encore à aborder. Tandis que la plupart des blogs des grands titres de la presse évitent les sujets qui fâchent, de nombreux autres blogs publient ou renvoient à d’autres sites contenant des informations hautement médiatiques, comme l’horrible vidéo de la décapitation de Nick Berg en Irak, la vidéo porno de Paris Hilton ou les chiffres du sondage de sortie des urnes qui circulent les jours d’élection. Ce sont les sujets dont parlent les gens - et il y a de bonnes chances pour que les journalistes qui n’avaient pas eu accès aux résultats du sondage se soient précipités sur le site du Drudge Report pour les obtenir. “Si vous vous étiez rendu dans la salle de rédaction d’un site Internet traditionnel, vous n’auriez pas vu la vidéo de Nick Berg, assure Robert Cox. Je me demande bien pourquoi. En restant sur votre île, vous courez le risque de vous couper d’une bonne partie de votre travail. Vous pouvez conserver vos grands principes éthiques, mais alors vous n’avez plus votre place dans la profession. Le choix ne se pose plus en termes de faire ou de ne pas faire. Si vous ne le faites pas, vous risquez de ne plus avoir de lecteurs pour leur montrer vos beaux principes éthiques.” Selon lui, les blogs qui se contentent de refléter le contenu et le ton d’un journal n’ont rien compris. Steven Smith, du Spokesman-Review, ne croit pas, lui non plus, à une approche en demi-teinte, affirmant que les quotidiens “peuvent être prudents jusqu’à la mort”.

Le Spokesman-Review proposera d’ailleurs bientôt quelques lignes directrices à ses journalistes blogueurs. Le point sans doute le plus épineux est de savoir comment gérer les membres de la rédaction qui possèdent un blog personnel susceptible d’embarrasser le journal ou d’exprimer des opinions sur les autorités locales. Autre problème, la gestion du temps. Selon Steven Smith, les reporters qui bloguent deviennent vite accros au caractère instantané des réactions - à tel point qu’il devient difficile de trouver le juste équilibre entre bloguer et écrire pour la version papier du journal. Il estime néanmoins que le blog est un média que la presse devrait adopter, et non redouter. Et tandis qu’il est sain de débattre de questions d’éthique, la profession prend peut-être la chose un peu trop au sérieux. “Il est facile de se perdre en conjectures, fait-il remarquer. Mais nous ne nous en sortirons pas si nous attendons que les avocats et la déontologie se mettent à jour. Nous commettrons bien sûr des erreurs et nous pourrons même être attaqués en justice, mais le monde du blog n’est pas plus dangereux que celui du journal imprimé.”

14 2.0 et organisations vont-ils bien ensemble ? (www.deuxzero.com du 11/01/2007)

Même si on continue de s’étriper sur sa définition, si l’on considère le web 2.0 sous l’angle des la génération de services interactifs fortement orientés sur le contenu généré par les utilisateurs et leur capacité à en dégager de la valeur (de l’intelligence collective), il y a là un fait installé et reconnu. En deux années, s’est produit un basculement essentiel, celui qui fait qu’aujourd’hui le particulier a pour lui-même plus d’outils que ce qu’il trouve dans l’environnement de travail qui lui est proposé. La chose est entendue, l’innovation et la performance numérique se trouve dorénavant du côté du grand public et la question déjà posée en 2006 et qui se pose avec plus d’acuité encore cette année, c’est de savoir quand et comment le monde des organisations va suivre. Quand on y songe, il y a là un renversement lourd de conséquences et je m’avoue assez interrogatif sur la réalité de sa perception. J’ai l’impression qu’on ne s’est pas rendu compte que les organisations sont restés à quai, nous en sommes tous au plaisir de ces nouvelles pratiques et nouveaux jouets, sauf que ça ne se passe pas tout seul. Le basculement est acté, mais je ne le crois pas conscient et je ne suis visiblement pas le seul si j’en juge par ce qui se dit sur le sujet en ce début d’année. On s’interroge un peu prématurément à mon goût sur un web 3.0 alors qu’en terme de nouvelle frontière celle de l’adoption des concepts, outils et modèles du web 2.0 au sein des organisations n’est pas une évidence.

Jusqu’en 2004, c’est dans l’organisation, sur le poste de travail, que se trouvaient les outils numériques les plus puissants, maintenant c’est sur le réseau et à portée de main de tout un chacun que se trouvent les services les plus puissants et les plus efficients en terme de production, diffusion et exploitation des contenus. J’en ai encore eu une illustration éclatante en fin d’année lors d’une discussion avec un service d’une grande institution publique cherchant à ouvrir un site pour communiquer avec ses usagers. Nous avons dressé le constat qu’un blog ferait parfaitement l’affaire et que là où il faudrait 6 à 9 mois pour le mettre en oeuvre au sein de l’organisation, si tant est que celle-ci réponde favorablement, la chose pouvait être réglée dans la journée avec ce que le web propose aujourd’hui.

À l’heure des bilans et des prédictions, je note l’apparition de beaucoup de nuance dans une prétendue évidence des choses quand à l’adoption du web 2.0 dans les organisations. L’évidence du changement n’est plus de mise, les facteurs bloquants et les freins commencent à être de vrais sujets qui ne sont plus l’objet de réponses toutes faites et, ô surprise, le terme s’allonge dans la prédiction du processus d’adoption. Les choses ne seraient donc pas simples et l’appropriation plus complexe qu’il n’y paraîtrait. J’avoue personnellement une grande satisfaction sur cet état de fait, depuis le temps que ce sujet est d’actualité chez groupe Reflect, ne serait-ce que quand nous avons lancé le blog .gr en août 2004, sans parler de la naissance de BlueKiwi entretemps.

Alors, c’est quoi le problème ? et bien toujours le même, celui d’avoir d’un côté des outils et des modèles d’usages et de pratiques et de l’autre d’avoir des modèles d’organisation et des cultures managériales qui ne vont pas avec. Cela me permet donc de remettre en selle des constats déjà formulés. Ce qui marche sur le réseau n’est pas déconnectable du contexte, à savoir l’absence de hiérarchie et de process, l’absence de contraintes à l’initiative individuelle, à la structuration en réseau. Inscrire les mêmes outils dans un modèle hiérarchique et vertical alors qu’ils ont fait leur preuve dans des environnements horizontalisés et réticulés est le meilleur moyen de n’en tirer aucun profit. On ne peut pas non plus éluder la question du pilotage, de l’accompagnement au développement des usages, de l’animation durable de ce qui se passe sur ces outils. Comme le dit Don Hinchcliffe sur ZdNet, le plus gros obstacle au développement du web 2.0 en entreprise, c’est la culture d’entreprise et le modèle managérial. J’y ajouterai la volonté d’engager le changement pleinement.

Mais là, on parle d’intégrer le 2.0 dans l’environnement numérique de l’organisation. Or, la question qui se pose de manière encore plus aiguë, c’est celle de l’évidence de l’ouverture du système d’information sur l’extérieur. J’ai déjà commis plusieurs billets là-dessus, notamment un orienté sur les Environnements Numériques de Travail. Le constat a déjà été fait que les internautes ne se privaient pas d’aller chercher, y compris et surtout pour leurs besoins professionnels, les outils qui leur manquent sur le réseau et ce n’est pas sans interpeller l’autorité. Don Hinchcliffe explique pour sa part que dans des environnements lourds de process et exigences de saisies, on constatait la prise en main d’outils simples de collecte et de formalisation des informations, les outils du système d’information n’étant plus destinés qu’à recevoir un reporting occasionnel. Le phénomène est bien installé.

J’ajoute pour ma part qu’on voit bien, à l’heure des réseaux sociaux et autres pratiques collectives sur le réseau, que les pratiques numériques s’inscrivent dans des communautés dont le contours dépasse largement les membres de l’organisation. À partir du moment où celle-ci décide de faire partie du réseau, il est incongru qu’elle s’isole dans son coin. Je ne suis pas en train de dire qu’il faut faire tomber les barrières et la sécurité, je dis simplement qu’on ne peut ignorer que l’outillage et les usages s’étendent aussi sur internet avec des articulation entre le contenus et les usages qui s’y passent et les outils du système d’information. Cela ne fait qu’appuyer un peu plus sur l’accompagnement et l’animation aux pratiques, à travailler avec des utilisateurs (avec lesquels on dialogue) et pas des usagers (qui n’ont pas le choix). Il est temps de placer l’utilisateur au centre et pas que dans les mots.

Le monde des organisations a maintenant la pression des pratiques et de l’outillage individuel personnel. S’enfermer dans sa bulle est évidemment autant un aveu de faiblesse qu’un échec annoncé, encore faut-il que la pression économique que le changement génère par les gains de performances que gagnent ceux qui s’y soumette produise son effet. Cela renvoi accessoirement à mon autre billet du jour, bien éloigné du 2.0 mais en fin de compte pas sans lien. Il montre que la mise en visibilité n’est en tous les cas pas réunie par chez nous.

Il faut aussi considérer qu’accepter le changement et notamment ouvrir son environnement sur l’extérieur, c’est accepter de mettre en compétition ses outils internes avec ceux du réseau, donc nécessite d’adopter une autre gouvernance du système d’information. En fin de compte, on en revient toujours à l’essentiel. Les changements nécessitent de décider de changer, de décider que c’est important et de s’en donner les moyens, sans cloisonnement intempestif.

15 Des agrégateurs aux disséminateurs (InternetActu du 12/01/2007)

L’iPhone d’AppleTrois jours après son lancement, plus de 70 000 billets sur les blogs parlent de l’iPhone d’Apple.

Mais qu’en disent tout ces gens ? Si je me concentre sur les blogs “d’autorité” (comprenez, vers lesquels beaucoup d’autres blogs ont créé des liens), il me reste encore plus de 4 000 billets à lire ! Et je ne parle pas des dizaines de commentaires qui accompagnent certains billets, dont un tout petit nombre présente certainement un intérêt.

Les outils d’agrégation, les moteurs de recherche, les répertoires de liens “sociaux” et autres outils du web d’aujourd’hui, sont censés savoir faire émerger un sens de cette accumulation. Ils sont encore loin du compte.

Au mieux, ils classent : voilà tous les billets qui parlent de l’iPhone ; voilà les billets repérés par quelqu’un ; voici les plus cités, les mieux notés (par qui ?). Mais, comme le montrent également deux études sur les photos de lieux dans FlickR, plus ils classent, plus ce qui émerge est une information moyenne, banale : la carte des photos de Londres et de Barcelone se concentre sur les lieux touristiques, quelle surprise !

On pourrait dire la même chose de beaucoup d’outils de recommandation : si vous recherchez les Beatles, le plus souvent ils vous conseilleront les Rolling Stones, John Lennon ou Paul McCartney : j’y serais arrivé tout seul ! Vous avez acheté Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, les internautes ont également acheté Bowling For Columbine et L’Amérique de Michael Moore : surpris ?

Les outils du web 2.0 nous ont fait rentrer dans l’ère de l’agrégation, mais c’est une expérience dont on perçoit assez vite les limites. Ils favorisent la somme des regards plutôt que leur pertinence. Bien sûr, savoir qu’on partage un intérêt avec une foule de gens est une information, mais une information sur quoi ?...

Le remarquable billet de Tristan Nitot sur l’iPhone (http://standblog.org/blog/post/2007/01/10/A-propos-de-liPhone), je ne l’aurais certainement pas trouvé via Technorati. Je l’ai trouvé parce que je lis son blogue, certain d’y croiser régulièrement des informations intéressantes.

D’un côté, c’est rassurant. Cela montre que nous avons encore un rôle à jouer.

Mais c’est aussi rageant, parce qu’on a l’impression que les outils ne nous aident pas là où l’on voudrait qu’ils le fassent, alors qu’il ne manque pas grand-chose pour que cela devienne possible. Les actions que l’on réalise sur le web, les photos que l’on collecte, les vidéos que l’on visionne et que l’on critique, les signets que l’on met de côté... Toutes ces traces, si nous savions mieux les comparer (et pas seulement les agréger) à celles des autres, si nous comprenions mieux comment leur dissémination fait sens, peut-être nous permettraient-elles d’y voir plus clair ?

Un bon exemple pour moi est LibraryThing, un site qui vous permet de gérer et critiquer les livres que vous avez lu. Sa force est de comparer votre bibliothèque à celle d’autres amateurs et de vous proposer de voir les bibliothèques de ceux qui ont le plus de livres en commun avec vous. Mais il se contente de trop peu : ces “bibliothèques” se composent essentiellement des 20 derniers livres que nous avons lus ou des 10 qui nous ont le plus marqué ; on compare les titres, pas les critiques que nous avons produites. Là encore, c’est un espace “moyen” qui émerge, alors qu’il faudrait peu de chose pour faire apparaître des milliers de “co-bibliothèques” beaucoup plus typées.

Les représentations cartographiques de l’information sont parfois de formidables outils pour faire ressortir les à-côtés, au moins parce que les points de concentration en deviennent souvent illisibles. Quand on regarde une carte peuplée de photos, les points chauds en deviennent tellement denses que ce sont les points latéraux, déportés, qui finissent par ressortir, s’imposent parce qu’ils demeurent exploitables. Sous l’afflux, ingérable, notre regard se décale, cherche ce qui n’est pas central, voit ce qui est disséminé plutôt que ce qui est rassemblé.

La représentation cartographique permet de mettre en avant d’autres points, d’autres noeuds, d’autres centres, qu’une analyse de fond ne fait pas ressortir. C’est pour moi toute la limite des outils que nous utilisons aujourd’hui, tout “web 2.0_ qu’ils s’affirment, qui favorisent la somme ou la moyenne des regards plutôt que leur pertinence... Mais comment faire sens ? Comment aider le regard à se déporter, quand la plupart de nos outils favorisent le sens commun ? Comment favoriser, mettre en valeur, mieux analyser la dissémination plutôt que la concentration ? La qualité ou la pertinence, plutôt que la quantité ? Trop d’outils mettent en avant le plus lié, le plus vu, le plus écouté, le plus lu. Qui est souvent aussi le plus apprécié, car on vote pour ce qu’on voit, lit, écoute, connaît et reconnaît. Le succès va au succès, fort bien, mais a-t-on besoin d’une telle débauche d’innovation pour un résultat si pauvre ?

Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?

16 Fini les employés satisfaits, place aux employés engagés ! (Bloc notes de Bertrand Duperrin- 11/01/2007)

Telle est la conclusion d’une étude de chez IPSOS (étude gratuite mais enregistrement obligatoire). Décidément les études tombent à la pelle en ce début d’année. Celle ci tord le cou à une idée bien ancrée (même moi j’y croyais) : rien de sert d’avoir des salariés heureux, cela n’a aucun impact sur le business de l’enteprise. Une petite mise au point linguistique pour commencer : j’utilise ici les termes d’engagement et d’employé engagé faute d’avoir trouvé quelque chose qui rende bien compte, en français, de la notion d’’employee engagement”. On aurait pu dire implication...mais finalement engagement me plait bien. Il ne s’agit pas d’une traduction littérale du terme US (dans ce cas j’aurais dit “lié” ou “fiancé”) mais je pense que cela reflète bien une certaine réalité.

On est toujours parti du postulat qu’un employé satisfait de son environnement professionnel travaillait mieux, servait mieux le client, et donc que tout cela impactait favorablement le résultat de l’entreprise. Finalement on se rend compte qu’il n’existe aucune corrélation entre le résultat de l’entreprise et la satisfaction des salariés. En fait le raisonnement est un peu provocant car on joue vraiment sur les mots.

Un salarié satisfait peut fort bien ne rien faire de ses journées, être peu impliqué et productif. Par contre un “salarié engagé” se démènera pour l’entreprise. En creusant un peu je dirais que nous somme sur des concepts très proches mais dont le premier s’apprécie par la vision que l’individu a de sa situation et le second par la vision qu’il a de sa relation à son employeur. La satisfaction n’est donc pas une fin en soi, elle est la conséquence de l’engagement.

Au delà de ces digressions théoriques, voyons ce que cela signifie dans les faits.

Tout d’abord allez voir ici une définition de l’”employee engagement“. En deux mots c’est l’employé heureux d’être là et de “mouiller le maillot” et qui croit profondément en ce qu’il fait. Finalement cela me plait bien. Il reste à l’entreprise à changer de focus pour faire de ses salariés satisfaits des salariés engagés. Le rapport nous donne 24 leviers pour y parvenir.

1. Compréhension des buts et des objectifs de l’entreprise 2. Compréhension de son travail et de sa contribution aux objectifs de l’entreprise 3. Un message clair sur les buts, les attentes, les instructions 4. Définition de poste 5. Adaptation au poste 6. Outils et support 7. Indépendance et innovation 8. Relations avec la hiérarchie, reporting direct. 9. Feedback clair sur les résultats 10. Reconnaissance 11. Rémunération “honnête”, “équitable” 12. Opportunités d’apprendre et de se développer 13. Opportunités d’avancement 14. Pratiques de leadership 15. Confiance dans le leadership des “seniors” 16. Fierté quant à l’entreprise, et au service/produit délivré 17. Apport des employés 18. Implication des employés dans la prise de décision 19. Equilibre vie professionnelle / vie personnelle 20. Culture d’entreprise / morale 21. Esprit d’équipe, relations entre collègues 22. Implication 23. Sécurité / bien être 24. Pratiques Rh justes

Ce que j’en pense ?

Je vois plusieurs grands axes :
-  fin de la culture du top down
-  valorisation et prise en compte de l’individu
-  transparence
-  management par le sens
-  confiance en l’individu

Ce changement de focus nécessaire ne se fera pas sans des réflexions plus profondes. La satisfaction était influencée par les grandes lignes de la politique maison et finalement on ne touchait pas au cœur de l’entreprise : les logiques de décision, de pouvoir, d’organisation...et l’individu n’était que sujet du focus.

Ce nouveau focus va imposer de travailler sur des sujets sensibles et de donner davantage de légitimité et d’autonomie à l’individu : bref de lui faire confiance et de le reconnaitre en tant que tel et non en tant que partie d’un process.

Repenser le management ? Adopter les outils adéquats ? Inévitable.

17 On en parle beaucoup en ce moment... Marketing virtuel et Second Life (Outil référencement, le blog sur l’actualité de l’Internet)

Nous vous avions parlé, il y a plusieurs mois du lecentredumonde (http://www.lecentredumonde.com/), un centre commercial virtuel. Ce billet est consacré au marketing virtuel dans d’un jeu qui pousse le principe du centre du monde encore plus loin.

Second Life (http://secondlife.com/) est un jeu vidéo gratuit massivement multi joueurs jouable uniquement en ligne. Il vous propose d’incarner un personnage dans un environnement virtuel permanent.

L’originalité est que c’est la communauté de joueurs qui crée le monde virtuel. Vous pouvez ainsi fabriquer n’importe quel type de bâtiment.

Second Life est devenu une société virtuelle dotée d’une véritable économie. La monnaie utilisée est le Linden. Vous pouvez obtenir 250 Lindens en échange d’un dollar mais également convertir vos Lindens en dollars. Il est donc tout simplement possible de s’enrichir en "jouant". Par exemple en faisant construire des maisons puis en faisant payer un loyer aux autres membres ou bien en devenant le propriétaire d’une boite de nuit.

Les quelques 1 millions de membres s’échangent ainsi entre 450.000 et 650.000 dollars chaque jour.

Devant la popularité de ce jeu et les possibilités offertes par Second Life, les entreprises n’ont pas tardé à s’y intéresser. D’après les concepteurs du jeu, il y aurait plus d’un millier de personnes à vivre de Second Life. Certains ayant même arrêté leur véritable travail pour se concentrer sur leur travail "virtuel".

Des entreprises prestigieuses sont déjà installées :

* La banque Wells Fargo a tout simplement acheté une ile * Toyota teste un nouveau modèle de voiture : Scion xB * American Apparel a ouvert une boutique * Harvard propose des cours de droit * La Fox y aurait projeté en avant première le film X-Men 3 * Reuters a lancé un bureau de presse pour couvrir l’actualité du jeu

Les exemples sont bien trop nombreux (Intel, Adidas, Amazon...) pour tous être cités ici. Devant cet engouement, Un institut d’études marketing s’est même implanté pour étudier le phénomène.

Si vous avez des difficultés à vous imaginer comment fonctionne Second Life, voici deux screenshots tirés du jeu : Second Life et le Marketing virtuel Marketing virtuel

Pour vous donner un ordre d’idée de l’économie de Second Life, je vous propose quelques chiffres :

* 652 581$ dépensés le 22 novembre 2006 * 1 675$ pour une ile de 65,536 m_ * 9,95$ pour devenir un membre premium * 5$ / mois pour la location d’un appartement de 500 m_ * 3$ pour un petit yacht

Vous êtes juridiquement propriétaire de vos biens dans Second Life grâce aux licences Creatives Commons qui régissent le jeu. Vous pouvez donc vendre toutes vos créations. Le seul souci est que le Fisc américain est en train de travailler à l’établissement d’une taxe. Une sorte de TVA virtuel ?

Récemment, IBM vient tout simplement d’annoncer qu’il allait investir 10 millions de dollars. Irving Wladawsky Berger va même jusqu’à dire qu’il est préférable "d’avoir des magasins 3D dans des mondes virtuels plutôt que des sites de e-commerce basiques comme aujourd’hui".

Devant un tel business et de tels investissements, il convient de mettre en place une stratégie de marketing virtuel efficace. En effet, convaincre les acheteurs de ce monde virtuel est tout aussi difficile que dans les magasins traditionnels. C’est tout simplement de nouveaux métiers qui sont en train de naître ainsi qu’un nouveau canal de vente.

Les entreprises sont ainsi amenées à se poser de nombreuses questions : Comment lancer et promouvoir efficacement une marque au sein de Second Life ? Comment attirer les gens dans mon magasin ? etc.

Un nombre important de règles traditionnelles du marketing sont bien evidement transposables mais il reste indubitablement un important travail à réaliser. Le marketing virtuel ne vit assurément que ses premières heures.

D’autres mondes virtuels existent comme Project Entropia mais ont pour l’instant moins de succès.